Sur quelles variables redresser ?

Le choix des variables de redressement est simple en théorie mais plus complexe dans la pratique. En effet, l’idéal serait d’utiliser toutes les variables sur lesquelles la répartition de la population-mère est connue de manière fiable. Ces éléments sont généralement recherchés dans les données des recensements disponibles auprès de l’Insee, ou, lorsqu’il s’agit d’enquêtes sur des univers spécifiques (ex : clients, distributeurs), dans les fichiers internes disponibles.

Les difficultés sont multiples :

  • La population-mère doit être définie de manière précise pour éviter de prendre en compte des statistiques disponibles sur une population proche mais pas identique. Ainsi la population active peut correspondre à plusieurs définitions et délimitations. La population des jeunes peut correspondre à des tranches d’âge différentes…
  • Il faut s’assurer que les répartitions disponibles sont conformes aux catégories utilisées dans l’enquête. Il convient pour cela d’utiliser dans les questionnaires les rubriques standards de l’INSEE en ce qui concerne par exemple les catégories socio-professionnelles, les secteurs d’activité, …
  • La formulation de la question renseignée pour la population-mère doit être identique à celle posée à l’échantillon. Ainsi, la population des personnes ayant déjà fréquenté un parc de loisir est différente de celle qui a visité un parc de loisir depuis moins de deux ans. La population des personnes connaissant Internet est différente de celle des utilisateurs d’Internet…
  • Pour les variables numériques, les tranches doivent être identiques, et les valeurs exprimées dans la même unité statistique…
  • Il faut s’assurer de la fiabilité des valeurs utilisées. L’utilisation de statistiques anciennes peut fausser les résultats au lieu d’améliorer leur représentativité.
    De même, le recours à des fichiers incomplets ou mal tenus peut provoquer des biais importants. A ce titre, les professionnels qui ont eu à gérer et à assurer la mise à jour de fichiers savent combien cette tâche est difficile et restent sur leurs gardes, alors que les autres sur-estiment généralement la qualité des fichiers qui leur sont fournis.

Si l’on ne prend garde dès la phase de préparation de l’enquête à ces difficultés potentielles, on risque d’être confronté ensuite à un problème insoluble.