Le Nudge au secours des cours d’étude de marché !

Quel enseignant d’études qualitatives et/ou quantitatives n’a pas cherché un moyen d’intéresser ses étudiants à son cours d’étude ? Car, bien que souvent jugé peu attrayant, apprendre à mener une étude est nécessaire dans un premier temps à la rédaction de leur mémoire de fin d’études, mais plus généralement à leur bonne compréhension d’un marché.

    Le nudge est un « coup de pouce »
    qui permet de faire prendre aux individus
    de bonnes décisions en se basant sur leurs biais cognitifs.

Le nudge est une forme de communication douce, un « coup de pouce » qui permet de faire prendre aux individus de bonnes décisions en se basant sur leurs biais cognitifs. Le concept a été propulsé sous les feux des projecteurs par l’attribution du prix Nobel de l’économie en octobre dernier au professeur R.H. Thaler – spécialiste du nudge –. Le nudge peut facilement être mobilisé dans des cours d’études de marché pour rendre plus concret et plus ludique un cours très méthodologique.
Ainsi, lors de mes cours d’études j’utilise désormais le nudge pour impliquer mes étudiants. En effet, bien que reposant sur des mécanismes psychologiques et sociaux, donc des mécanismes complexes, le nudge retient l’attention des étudiants par ses applications concrètes, immédiates, créatives et parfois ludiques. Un bon nudge ne doit-il pas être simple et peu cher à réaliser ? C’est-à-dire faisable pour un étudiant qui verra ainsi se réaliser concrètement une de ses recommandations ? De plus, les nudges sont principalement conçus pour engendrer des gestes écoresponsables et, de façon générale, des comportements meilleurs pour la société, une problématique d’actualité qui fédère un grand nombre d’étudiants.

Pour un enseignant, le nudge permet la mobilisation de différents types d’études par ses étudiants. Tout d’abord une phase qualitative de type ethnographique est nécessaire. Il s’agit d’observer et comprendre les comportements des individus pour identifier les freins et/ou les leviers à un comportement plus souhaitable. Les études basées sur des observations sont donc ici nécessaires parfois couplées à des entretiens en profondeur. La phase suivante correspond à une étape de brainstorming, autre forme d’étude qualitative, pour faire émerger les nudges possibles en fonction des facteurs de changements mobilisables. Une fois le nudge sélectionné et le prototype réalisé, une dernière étape quantitative permet de mesurer les effets du nudge. A ce stade, l’expérimentation est la méthodologie souvent appliquée par les étudiants.
L’éventail de méthodologies à mobiliser lors de la réalisation d’un nudge permet donc aux étudiants d’appliquer l’ensemble du cours d’étude de marché au sein d’un même projet. La complémentarité des études et leurs objectifs propres sont plus concrets et un cours d’études souvent considéré comme abstrait prend plus de sens.

Selon la planification, j’ai deux manières d’introduire le nudge dans mes cours d’étude. Le timing peut correspondre aux dates d’un concours organisé par Nudge France. Ces concours permettent de mettre des groupes d’étudiants de différents établissements en compétition autour d’une même thématique appelant à proposer un nudge. C’est ainsi que certains de mes étudiants ont pu participer au Nudge Challenge Paris 2024. Cette année-là, la thématique visait à « concevoir des idées de Nudge encourageant l’adoption de gestes éco responsables dans le cadre des Jeux Olympiques ». Les meilleures idées devaient être intégrées dans le dossier de candidature de Paris pour l’obtention des Jeux Olympiques de 2024. En plus de l’attrait du nudge, la participation à un concours est une motivation pour les étudiants. Ils se sont fortement impliqués ce qui nous a permis d’avoir plusieurs équipes finalistes.
Si une telle participation n’est pas rendue possible par le calendrier, je définis une problématique autour de notre établissement. Avantage : le choix de travailler sur notre établissement permet aux étudiants d’avoir tout le loisir d’observer leurs camarades et facilite l’émergence du ou des facteur(s) de changement à mobiliser. A titre d’exemple, lors d’une session, j’ai demandé aux étudiants de travailler à la réalisation de gestes plus écoresponsables par les individus de notre école. Gaspillage alimentaire, électricité, recyclage du papier, jet des mégots… Chaque groupe travaillait sur le sujet de son choix. Une équipe a travaillé sur la problématique du gaspillage de bouteilles d’eau en plastique soulignant les enjeux budgétaires et environnementaux. La qualité du travail fait par ses étudiants a retenu mon attention et celui de la direction de l’ISC Paris. Il a permis d’entamer une véritable réflexion sur la gestion des bouteilles d’eau. Quelques mois après ce travail d’étudiants, des fontaines à eau et des bouteilles réutilisables ont été introduites dans notre école. Les étudiants ont ainsi pu voir la prise en compte de leur travail et la concrétisation de leur nudge.

Cliquez ici pour découvrir les travaux des étudiants.

AUCUN COMMENTAIRE

LAISSER UN COMMENTAIRE